Imagination

Salvador DALI told photography was the obvious medium for surrealism. Obviously photography doesn't show reality. Drawing neither. so why should

Feeling

Manifesto

Lorsque je suis venu à la photographie, j’ai fait un peu comme tout le monde. J’ai appris les techniques de création et de composition, recherché la beauté. J’ai étudié les autres photographes et comparé mon travail à le leur et si parfois j’étais satisfait, souvent, très rapidement je me détournais de mes clichés.

Car c’est bien ce mot qu’il faut utiliser : “Cliché”.

J’ai en fait compris que mon attrait pour la photographie prenait racine dans le dessin et la peinture que je pratiquais plus jeune. Mais alors pourquoi faire de la photo plutôt que du dessin ? C’est plus facile ? plus rapide ? L’avenir me montrera que non.

Insatisfait de mon travail, j’ai voulu poser les bases d’une réflexion me permettant d’ouvrir la voie que je devais suivre.

Je me suis donc demandé :
– comment catégoriser les types et mouvement photographiques ?
– quelle différence entre le dessin, la peinture et la photo ?
– qu’est-ce que la photographie d’art ?
– qu’est-ce que la photographie aujourd’hui ?
– quelles sont les origines de la photographie et ses mouvements ?
– comment sortir du lot ?
– quelle matériel utiliser ? (Je pense la plus ridicule des questions)
Je découvrais assez vite que ces question étaient naïves et qu’il fallait les poser autrement.

Mais en fait, c’est quoi faire de la photographie ?

Un peu d’histoire… du point de vue réalisation et mouvement.

En effet, je ne me permettrais pas de vous raconter d’évolution du procédé photographique. Wikipedia a un excellent article que je vous recommande pour ça.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_photographie

Ce qui ma intéressé c’est de voir que l’arrivée de la photographie a coïncidé avec le départ de la peinture artistique, de la représentation fidèle du réel vers l’abstrait (c’est très résumé). Et la photographie très rapidement a pris comme base cette représentation fidèle du réel (Straight Photography). Du moi c’est l’acceptation que l’on en a.

Dans les faits, les premiers photographes sont allés vers le pictorialisme. Mouvement qui voulait utiliser la photographie comme la peinture. Les pictorialistes se sont permis de gratter, colorer, modifier par de nombreux procédés chimiques, leurs tirages pour obtenir une image qui quitte la représentation de la réalité et tend à rejoindre les arts graphiques “conventionnels”.

De la même manière. Le fait de dire que la peinture a laissé la représentation du réel à la photographie et est parti vers des représentations plus abstraites, est à mon sens un raccourci. La peinture, le dessin ont toujours représenté le monde selon les yeux est les l’agilité des artistes. Les dessins des grottes préhistoriques, les sculptures égyptiennes, la peinture médiévale ont un style particulier loin de la représentation fidèle du réel. Pour ne citer que lui, El Greco, en pleine période Renaissance, déforme les corps et les visages pour exprimer des sentiments plutôt que simplement montrer une scène.

Et c’est certainement là que je pense trouver la clef du problème.

Dans l’esprit des gens, la peinture et la photographie s’opposent car la première est le domaine de l’art et de l’imagination, alors que la seconde, si elle est artistique, reste dans le domaine de la représentation du réel.

En 2016 on comptait plus d’un milliard d’utilisateurs de smartphones dans le monde (je n’ai pas trouvé l’info pour les appareils photos uniquement). Pour la grande majorité de ces utilisateurs, la photographie c’est capturer un instant, conserver un souvenir, archiver, stocker l’image d’un objet ou d’une personne. C’est une fonction documentaire qui vise à capturer la réalité.

Et c’est là que j’ose dire, l’appareil photo ne capture pas la réalité. Et c’est d’autant plus vrai quand c’est avec une vision artistique que l’on réalise une photographie.

  • Concept physique -> Le monde est composé de 4 dimensions -> La photographie n’en conserve que 2.
  • Concept métaphysique -> Edgard MORIN, dans la formation sur la pensée complexe, fait le rapport entre le tout et la partie. Le “tout”, ici on parlera de contexte, contient la “partie”. Mais les propriétés du “tout” sont différentes de celles de la “partie”. Certaines disparaissent d’autres naissent. On a ce phénomène en photographie. Un contexte global, le moment que l’on vit, contient ce que l’on extrait, la photographie. Mais ce qui est présent sur la photographie est un contexte qui peut être interprété de manière totalement différente du contexte dans lequel il se trouvait. Une photo d’un ado arrachant le sac d’une personne âgée, prise en photo, ne permet pas de comprendre qu’en fait il cherche à la sauver d’une voiture qui va la percuter, si celle-ci n’est pas incluse dans le contexte de la photographie. Cette propriété est utile dans l’aspect créatif de la photographie car en montrant un aspect, on peut guider le spectateur vers une interprétation plutôt qu’une autre. Mais en substance, la réalité incluse dans la photographie est différente du réel dans lequel elle se trouvait.
  • Concept optique et postproduction-> Le matériel, notamment l’objectif choisi change la forme des choses. La post-production rend un paysage dramatique alors qu’il était tout à fait banal… Les manipulations et le matériel utilisé modifient le rendu et, en substance, créent une nouvelle réalité. Je vous invite à regarder la vidéo de Roger BALEN. Elle fut une révélation pour moi : https://www.youtube.com/watch?v=sieUlqQIxT8&t=48s
  • Concept émotionnel -> Une photographie porte l’émotion -> C’est le spectateur qui crée sa propre émotion à la lecture de l’image. L’image est un vecteur d’émotion, de sensation. Une sorte de catalyseur. C’est l’interprétation de la personne qui la regarde qui donne naissance à l’émotion.

Pour résumer, la photographie, malgré ce que l’on pense, ne peux pas être reçue comme une vérité. Car qu’on le veuille ou non, la photographie modifie la réalité.

Et c’est le but de l’artiste d’utiliser cette caractéristique pour créer la réalité qu’il souhaite.

S DALI disait que la photographie est le médium évident du surréalisme.”

Dès lors que ces réponses me semblaient évidentes, je considérais la photographie sous 2 aspects. Celui commun “vulgus” qui consiste à, avec toute la technique nécessaire, créer des images “jolies”, satisfaisantes mais sans grand intérêt à mes yeux. Ce que je nomme les clichés. Et la recherche Artistique dans laquelle je refuse toute volonté de montrer quelque chose existant, mais de proposer des représentations picturales que le spectateur devra s’accaparer, interpréter.